
Jaber Al Mahjoub
Jaber Al Mahjoub est né en 1938 en Tunisie, et décède en 2021 à Paris dans le quartier Beaubourg dont il est une figure populaire.
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Privé d'instruction durant son enfance, il n'a pu apprendre ni à lire ni à écrire. En 1958, il quitte la Tunisie pour la France et s'installe comme boulanger à Marseille pendant deux ans. Artiste autodidacte, il commence à peindre et à sculpter, tout en passant beaucoup de temps dans la rue : en se mettant en scène comme boxeur, joueur de oud ou autres fantaisies, il s’autoproclame “roi de Beaubourg”.
En 1970, il improvise sa première exposition dans les jardins de la Place des Vosges. Une riche Américaine le prend sous son aile, et l'emmène aux États-Unis. Entre 1976 et 1979, Jaber fait divers séjours au Canada, au Maroc, en Egypte et en Arabie Saoudite pour chanter et peindre. Il décide de retourner à Paris au début des années 1980.
C’est au détour d’une rencontre fortuite en 1982 qu’il croise Cérès Franco, transportant une bouteille de gaz vers la rue Quincampoix. En lui prêtant main-forte, il se confie sur son parcours et sa démarche artistique. La galeriste l’invite à lui montrer son travail. Séduite par les œuvres qu’il lui présente, il bénéficie en 1984 d’une exposition à l’Œil de Bœuf, Cérès l’exposant également à la Biennale de La Havane, Ibiza, ou au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Sur les conseils de Cérès et de Jean Dubuffet, Jaber fait un usage intensif de la bande de plâtre, matière qu’il utilisera dans de nombreuses sculptures ou peintures-reliefs.
L’œuvre de Jaber est marquée par un vocabulaire simple et stéréotypé, dont la symbolique est très ambivalente d’œuvres en œuvres Il produit chaque nuit ses œuvres et s’en détache le lendemain en les vendant ou les donnant. Marqué par l’usage de couleurs primaires et d’inscriptions, son œuvre évoque le bonheur et la joie, peuplé de milliers de personnages truculents.