
Mao To-LAÏ
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Peintre d’origine vietnamienne né dans les années 1940, il arrive à Paris vers l’âge de dix-huit ans, poussé par la Guerre d’Indochine à cause de laquelle il est devenu sourd à la suite d’une déflagration. S’il tente d’abord de s’intégrer à la scène artistique parisienne par la peinture à l’huile, il se tournera cependant rapidement vers l’encre de Chine, une technique traditionnelle qui deviendra le cœur de son œuvre. Incisive et violente, celle-ci garde la trace des horreurs qu’il a vécu par l’utilisation d’images cruelles voire sadiques, non sans évoquer les thématiques absurdes de Roland Topor, ou bien les perspectives bouchées évoquant l’enfermement de Gilles Aillaud. Le poète André Laude écrivait à son sujet en 1975 : “Les dessins de Mao sont des électrochocs, des procès non terminés dont nous sommes tous les accusés. »
Figure singulière et méconnue de l’art moderne, le parcours de Mao To Laï est encore mal documenté ; son œuvre, évoquant l’exil, la guerre et la résilience, ne pouvait que toucher Cérès Franco dans son rapport à la frontière et à l’humain. Il constitue en effet une symbiose que Cérès souhaite encourager, Mao constituant le modèle d’un artiste provoquant l’émotion en dépassant les clivages entre tradition sud-asiatique et sujet contemporain occidental, à travers la satire et le choc visuel. Cérès Franco défendra son travail en l'exposant à de multiples reprises, dans sa galerie de L’Œil de Bœuf, mais aussi à la galerie Ivan Spence d’Ibiza où l’exposition est censurée par le régime franquiste ; il se lie d’amitié avec sa galeriste, mais aussi avec d’autres artistes proches de Cérès comme Jacques Grinberg ou Fernand Teyssier, qui contribuent à révéler son langage propre. Installé dans le Sud-Ouest de la France à partir du milieu des années 1970, il y poursuit son travail jusqu’à sa mort, au début des années 2000.