Yannis Gaïtis 

Yannis Gaïtis (1923-1984) s’inscrit à l’école des Beaux-Arts d’Athènes entre 1942 et 1944. Se détournant de l’enseignement traditionnel qui ne le satisfait pas, son atelier devient entre 1944 et 1954 un lieu de rencontre des personnalités du domaine des arts et de la littérature grecque, tandis que le pays traverse une guerre civile entre 1946 et 1949.

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© Alain Machelidon

Les formes avant-gardistes de ses œuvres, mêlant cubisme, surréalisme et abstraction lui valent de vives critiques lors de son exposition à la galerie Parnassos en 1947. Il affirme ses convictions en 1949, en étant un membre fondateur du groupe Akraioi, collectif revendiquant un rejet total du réalisme et des tendances figuratives.  Lors de son installation à Paris en 1954, il suit les cours de l’Académie de la Grande-Chaumière : son art abstrait rencontre le succès. Il participe à l’exposition Peintres et sculpteurs grecs de Paris au Musée d’art moderne de la ville de Paris ; c’est sans doute lors de cette exposition que Cérès Franco le rencontre, et à son contact qu’il se convertit à la figuration. Il s’affirme sur la scène internationale en participant aux expositions Opinião 65 et Opinião 66 au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, ainsi qu’à toutes les expositions du format œil-de-bœuf entre 1962 et 1968. C’est d’ailleurs à l’occasion de l’exposition d’un autoportrait, à la galerie T de Haarlem, qu’il crée le “bonhomme”, cette figure moustachue et impersonnelle, qui peuplera son œuvre interrogeant l’isolement, la surpopulation, l’uniformisation, mais aussi les sentiments humains et la société dans son ensemble.  

Témoignant du bouillonnement du monde, les interactions entre Yannis Gaïtis et Cérès Franco rappellent la richesse de la scène culturelle parisienne entre 1950 et 1970, pour une part importante composée de l’immigration mondiale. Elles témoignent aussi d’un engagement politique de l’art, résolument opposée aux conflits et aux dictatures de toutes espèces. Sous l’œil bienveillant de Jean-Marie Drot, haut-fonctionnaire du monde culturel qui soutiendra l’évolution artistique de Yannis Gaïtis, Cérès Franco est à l’initiative des bouleversements de sa palette chromatique et plastique entre 1962 et 1969, leur relation continuant de manière moins étroite dans quelques collaborations épisodiques dans sa galerie.