Michel Macréau

Michel Macréau (1935-1995), après une jeunesse particulièrement difficile marquée par l'abandon, débute en 1953 sa formation artistique, du lycée de Sèvres à l’académie de la Grande-Chaumière, en passant par l'enseignement du fresquiste Lesbounit. Il commence par travailler à Vallauris dans un atelier de poterie, puis retourne vivre à Paris.

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CF 843, Michel Macréau, Les chroniques de l’œil de bœuf, rétrospective, 1972, La Coopérative-Musée Cérès Franco

En rupture avec l'art de son temps marqué par le triomphe de l’abstraction, l'œuvre de Macréau affirme une singularité difficile à cerner. Considéré comme l’un des précurseurs de la figuration libre, l'œuvre de Macréau est surtout marquée par la figure humaine sous toutes ses émotions : angoissés, malades, traumatisés, exaltés ou joyeux, ses figures se mêlent fréquemment à l'écriture. Il explore une multitude de surfaces et de techniques alors négligés, réalisant des œuvres à la bombe aérosol ou appliquant la peinture directement depuis le tube sur des draps de lit, des sacs de poste, des planches de bois...

Cérès Franco découvre son travail alors que l’artiste fait partie d’une communauté occupant un château, dans la vallée de Chevreuse. Le coup de foudre pour cet art si original et si détonnant est immédiat : Cérès fera de Michel Macréau son artiste majeur jusqu’au décès de celui-ci. Prenant la suite du galeriste Raymond Cordier, Cérès Franco présentera des œuvres inédites de Macréau à la très grande majorité de ses expositions entre 1962 et 1972 (et notamment à l’occasion d’Opinião 65, où bien lors de toutes les expositions autour de l’oeil-de-boeuf).

Entre 1972 et la fin des années 1970, alors qu’il traverse une période difficile marquée par une dépression stoppant son activité de peintre et plusieurs hospitalisations, Cérès consacrera de nombreuses expositions personnelles à l’artiste dans sa galerie de L’Œil-de-Bœuf, soutenant ainsi une vie marquée par la précarité. À la fin des années 70, encouragé par les succès d’A.R.Penck et Basquiat, il retrouve l'envie de créer et recommence à exposer. En 1983, il présente à la galerie l’Œil de Bœuf une série de dessins au fusain réhaussé de pigments de couleurs, réalisés durant sa dernière année en milieu psychiatrique et marquant une attention particulière à la correspondance entre des lignes scarifiant la toile et réhaussées de couleurs acidulées. Il continue d’exposer jusqu’au début des années 90.

Après son décès, Cérès Franco défendra le travail de Michel Macréau en montrant les toiles de sa collection, et en lui consacrant une pièce entière dans l’une des maisons-musées de Lagrasse.